De nos jours, d’énormes moyens sont mis en œuvre pour aider et intégrer les personnes aveugles ou mal-voyantes. Les médicaments contre la cécité font l’objet de recherches poussées. Régulièrement, de nouvelles techniques médicinales ou chirurgicales apparaissent. De nombreuses adaptations concernant l'accessibilité sont mises en œuvre pour leur faciliter la vie : des repères sonores ou tactiles et des reliefs au sol sur les passages pour piétons, des aménagements spéciaux dans les endroits publics etc.
De plus en plus de personnes souffrant de déficience visuelle ont pu être soignées grâce à un recours à la chirurgie moderne.
Louis Braille, lui-même privé de la vue, eut l'idée de former un tableau contenant un assemblage de points par caractère de n’importe quelle langue à caractères latins. C’est donc à cet ingénieux français que les mal-voyants doivent de pouvoir vivre presque comme tout le monde. Ils peuvent lire leur journal en buvant un café, se plonger dans un livre ou encore lire l’heure (avec des montres en Braille, bien entendu), et pratiquer à leur manière beaucoup d'activités nécessitant la vue.
Au XVIIe siècle, le jésuite italien François Lana imagine divers systèmes d’écriture codée pour aveugles. Il conçoit notamment un procédé d’impression en relief sur du papier épais ainsi qu’un « système permettant aux aveugles d’écrire couramment en traçant seulement des lignes et en faisant des points ».
Valentin Haüy fut l'un des premiers français à s'être intéressé aux problèmes de communication rencontré par les personnes aveugles ou malvoyantes. Né dans une famille aisée de Picardie en 1745, il étudia les langues à l’Université de Paris. C’est sans doute cette passion des modes d’expression qui le conduisit à s’intéresser d’abord aux sourds-muets, en simple « curieux », puis aux non-voyants. Il lui semblait que leur cas ne soulevait qu’un seul problème : comment leur permettre de lire ? Il trouva rapidement une réponse à cette question en mettant au point un système leur permettant de lire ou d’écrire aussi bien des phrases que des opérations mathématiques. Il l’expérimenta en obtenant l’autorisation de fonder une école pour enfants aveugles (en suivant l'exemple donné par l'abbé de l'Épée pour les personnes sourdes et muettes). Son écriture était composée de deux colonnes, ayant chacune de un à six points. Ainsi, les voyelles étaient identifiées par la présence d'un point sur la colonne de gauche. Le nombre de points sur la colonne de droite permettait de savoir auxquels des sons concernés on avait à faire.
Plus tard, Charles Barbier de la Serre, un ancien officier d’artillerie, se fascina pour ces recherches qui étaient, pour lui, un moyen de communication qui aurait permis aux soldats de lire et d’écrire dans le noir, sans être repérés ; mais son système n’eut aucun succès. Il décida alors de l’adapter en faveur des aveugles. À partir de 1821, Barbier a commencé à expérimenter sa méthode avec des élèves de l’École autrefois créée par Haüy, et devenue Institut Royal des Aveugles. Malgré la complexité de son système qu’il appela sonographe, les résultats furent concluants : la lecture s’est trouvée nettement améliorée. Barbier avait compris la supériorité des caractères formés de points sur ceux qui sont composés de lignes.
C'est à cette époque que Louis Braille, devenu aveugle, rencontra Charles Barbier à l'Institut Royal des Aveugles. Ce dernier apporta un système qu'il avait inventé ; il était constitué de 12 points qui, suivant leurs associations, permettaient d'écrire différents sons.
Louis Braille, intéressé par ce système de traduction du langage parlé, s'attacha à y trouver une adaptation plus simple et pratique. Il divisa le nombre de points utilisés par deux pour obtenir l'écriture en six points qu'est le Braille.
En Braille standard, un caractère est représenté par la combinaison de 1 à 6 points en relief, disposés sur une matrice de 2 points de large sur 3 points de haut. Les points, par convention, sont numérotés de 1 à 6 (1 le point en haut à gauche de la matrice, 2 et 3 en descendant, la colonne de droite, de haut en bas également est numérotée de 4 à 6) et on peut ainsi nommer un caractère braille par l'ensemble des points nécessaires à sa réalisation. Par exemple, la lettre C se représente par les deux points supérieurs, soit la combinaison 1,4.